L’épilepsie est aujourd’hui considérée comme un trouble des réseaux cérébraux, dans lequel le thalamus joue un rôle central mais complexe et variable dans la propagation des crises. Différents noyaux thalamiques sont recrutés à des moments et à des fréquences distincts, ce qui rend insuffisante une analyse basée uniquement sur le cortex ; des enregistrements thalamiques multisites sont donc nécessaires.
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L’épilepsie est de plus en plus reconnue comme un trouble impliquant des réseaux cérébraux distribués plutôt que des foyers corticaux isolés, le thalamus jouant un rôle central et hétérogène dans la propagation et le maintien des crises. Différents noyaux thalamiques sont recrutés à des moments et à des fréquences distincts au cours des crises, même chez un même patient. Le recrutement thalamique ne correspond souvent pas aux prédictions basées uniquement sur le point de départ cortical des crises, ce qui renforce la nécessité d’enregistrements thalamiques directs et multisites plutôt que de simples hypothèses anatomiques.
Il est important de souligner que l’objectif n’est pas une couverture exhaustive du thalamus chez chaque patient, mais un échantillonnage stratégique guidé par les réseaux épileptiques suspectés.
Jamiolkowski et al. (2024) proposent un cadre anatomique pratique pour l’échantillonnage du thalamus. L’utilisation de trajectoires transsylviennes orthogonales permet d’échantillonner l’ANT (noyau antérieur), le MD (noyau médiodorsal) et le pulvinar avec une seule électrode, tout en rendant possible un échantillonnage bilatéral du MD.
Les trajectoires longitudinales postéro-antérieures permettent, quant à elles, de parcourir avec une seule électrode le pulvinar → le MD → l’ANT le long du grand axe du thalamus. La combinaison de ces stratégies permet une couverture multinoyaux et multidimensionnelle du thalamus tout en limitant le nombre d’électrodes.
La réponse clinique à la DBS thalamique est très variable. Wu et al. apportent des preuves physiologiques montrant que le noyau antérieur du thalamus (ANT) n’est pas toujours le premier impliqué dans les crises ; le pulvinar peut, dans certains cas, être le premier noyau thalamique recruté.
La sEEG thalamique multinoyaux permet :
Les deux études soulignent plusieurs points essentiels. Tout d’abord, la planification des trajectoires doit être basée sur la sémiologie des crises et les hypothèses corticales propres à chaque patient. Ensuite, les noyaux thalamiques présentent une hétérogénéité fonctionnelle, y compris au sein d’un même noyau, ce qui peut entraîner une variabilité des enregistrements.
Concernant la sécurité, la cohorte de Jamiolkowski et al. (2024) montre qu’avec une planification rigoureuse, la sEEG thalamique multinoyaux peut être réalisée sans augmentation de la morbidité.
Ensemble, ces études apportent des preuves anatomiques et physiologiques complémentaires démontrant que la sEEG thalamique multinoyaux est essentielle pour une caractérisation précise des réseaux épileptiques et pour une neuromodulation de précision. Cette approche intégrée représente une étape clé vers une DBS personnalisée, fondée sur les réseaux propres à chaque patient, et vers une prise en charge avancée de l’épilepsie.
1. Wu TQ, Kaboodvand N, McGinn RJ, Veit M, Davey Z, Datta A, et al. Multisite thalamic recordings to characterize seizure propagation in the human brain. Brain. 2023;146(7):2792–802.
2. Jamiolkowski RM, Datta A, Willsey MS, Parvizi J, Buch VP. Multinuclear thalamic targeting with human stereotactic electroencephalography: surgical technique and nuances.J Neurosurg. 2025; 142(4):936–44.
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